ARTICLES

Conflit avec l’autre et conflit intérieur: même combat

by admin | on août 26, 2014 | No Comments

Je pourrais aborder le sujet sous l’angle quantique ou bouddhiste : nous sommes tous interconnectés et par conséquent, un conflit avec l’autre est un conflit avec soi c.-à-d. un conflit intérieur. CQFD

Si cela fait sens pour moi aujourd’hui, j’avoue que cela n’a pas toujours été le cas et j’admets aisément que cela puisse être dur à appréhender. Je vais donc traiter la question d’une perspective plus classique et plus conforme à notre mode de pensée occidental.

Dans la plupart des cas, ce qui nous agace chez l’autre et est source de ressentiment et de conflit est soit un miroir, soit une réaction qui nous appartient. Laissez-moi développer.

Dans le premier cas de figure, il s’agit d’un trait de caractère, d’un comportement que nous avons du mal à accepter chez nous-même (notre « ombre ») et qu’il nous est donc plus facile de voir et de combattre chez l’autre. C’est la « patate chaude » que l’on refile à l’autre. Tout ceci se passe bien entendu sans intention consciente.

Dans le deuxième cas, il s’agit d’une réaction qui nous appartient et qui résulte plus de notre histoire et de notre fonctionnement interne que de la situation elle-même. Deux indices peuvent nous laisser supposer que nous sommes dans ce cas de figure : (1) d’autres (même s’ils sont minoritaires) ne semblent pas affectés de la même façon et réagissent plus sereinement ; (2) la réaction est rapide et intense, voire disproportionnée (ex : « quand il a dit ça, mon sang n’a fait qu’un tour »).

Ce sont notre perception et notre interprétation de la situation plus que la situation elle-même qui sont les causes de nos réactions. La situation n’est qu’un déclencheur qui fait que, par notre appréciation de celle-ci, nous allons activer en nous une réaction émotionnelle qui se traduira par un malaise intérieur.

« La haine est souvent le trop-plein du ressentiment lié à de l’amour refoulé, blessé ou inemployé. Je ne dois cependant pas oublier que moi seul entretiens et produis les ressentiments, les rancœurs, les violences qui m’habitent. Personne d’autre que moi ne les crée en moi. » Jacques Salomé

Ce malaise, c’est donc bien nous qui en sommes à l’origine par l’inadéquation de notre interprétation et de nos réactions qui ne sont nullement résolutoires du problème. En quelque sorte, on se fait du tort à soi-même, on se bat contre nous-même, on initie un « conflit intérieur ».

Je ne suis pas en train de dire ici que l’on doit toujours être d’accord avec tout et avec tout le monde. Loin de là. Mais dans la plupart des cas, le conflit et les sentiments hostiles ne sont pas résolutoires du désaccord et ne sont donc tout simplement pas adéquats.

Une alternative plus appropriée serait de commencer par prendre du recul pour pouvoir accepter un désaccord, comme le formule si bien l’expression anglaise « let’s agree to disagree » (« Soyons d’accord de ne pas être d’accord »).

« Accepter ne signifie pas : ‘tout est bon’. Accepter signifie : ‘tout est là’. » Jacques Dekoninck

Il s’agit plutôt de regarder la situation avec un certain détachement émotionnel, pour éviter de biaiser notre perception et pour nous permettre alors de voir la réalité tout simplement telle qu’elle est vraiment, sans déformation. Cette acceptation est le préalable d’une démarche saine et efficace de résolution du désaccord. En effet, nos réactions seront d’autant plus pertinentes qu’elles seront adaptées à la situation réelle et non à l’image déformée que nous en avons.

Précisons que résolution ne veut pas nécessairement dire « arriver à un accord ». Le désaccord fait partie intrinsèque de la vie en société et est vecteur d’évolution. Ce n’est pas tant lui qui est gênant que la façon de l’aborder.  Ne pas être d’accord avec les idées ou les actes de quelqu’un peut se gérer sans nécessairement cultiver des sentiments hostiles vis-à-vis de la personne ou entamer un conflit avec elle.

Plus vite dit que fait évidemment car la plupart de nos réactions émotionnelles inadéquates sont le fruit de réflexes de défense (de type Fuite – Lutte – Inhibition) qui, sur le moment, échappent au contrôle de la raison.

Même si la maîtrise de nos réactions constitue une aptitude qui n’est pas naturelle, elle me semble cependant constituer une piste intéressante pour arrêter de se nuire par le poison du ressentiment ou de la colère.

« Le ressentiment, c’est comme boire du poison et espérer que cela tuera vos ennemis » Nelson Mandela

Acquérir cette maîtrise de soi passe par la compréhension des mécanismes cérébraux et émotionnels, l’acquisition de techniques et un réel travail sur soi.

Dans ce cadre, les développements des neurosciences, de l’épigénétique et de la psychologie énergétique apportent des grilles de lecture théoriques et des outils pratiques pertinents et particulièrement efficaces.

Categories: Développement personnel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *