ARTICLES

Il y a coaching et coaching

by admin | on Oct 03, 2013 | No Comments

S’il semble communément acquis que le coaching est l’accompagnement d’une personne dans le but de son développement ou épanouissement professionnel ou personnel, s’accorder sur une définition plus précise semble plus délicat vu la diversité des approches. Même s’il existe des organismes certifiant des coaches, le titre n’est pas réellement protégé ; chacun peut donc s’autoproclamer coach et mettre dans sa pratique ce que bon lui semble.

C’est ainsi que le coaching est mis à toutes les sauces et est souvent confondu avec du conseil, du mentorat, de la formation et de la psychothérapie.

Essayons d’y voir plus clair sur l’usage actuel du mot ‘coaching’.

Tout d’abord, si le terme est le plus souvent utilisé dans le cadre du coaching individuel, on parle également assez fréquemment de coaching d’équipe et enfin, plus rarement mais non moins intéressant de coaching d’organisation.  Ces distinctions n’étant pas essentielles pour le propos de cet article, pour simplifier, je ne m’y attarderai pas ici.

Le mot ‘coaching’ semble être utilisé dès que l’on s’éloigne des formes classiques de transfert de savoir ou de savoir-faire.

Certains parlent déjà de coaching pour la transmission d’un savoir d’une façon moins académique ou moins structurée qu’à l’accoutumée.  Par exemple, lorsque l’accent est mis sur l’application pratique de la matière enseignée dans le contexte du client, ou lorsque la séance est organisée sous forme de questions / réponses ou encore lorsque la transmission de savoir est combinée à du conseil.  Il s’agit alors plutôt de formation mêlée éventuellement à du mentorat, du conseil ou de l’entraînement.

Déjà plus fréquent est l’usage du terme ‘coaching’ pour désigner la transmission, l’entraînement ou le développement d’un savoir-faire.  Il s’agit en quelque sorte d’instruction ou d’entraînement comme dans le monde sportif d’où le terme coaching provient.  Les nuances de mentorat ou de conseil peuvent éventuellement être présentes également.

Allons plus loin.  Comme le monde sportif l’a compris, pour acquérir un savoir-faire de haut niveau, pour devenir un ‘champion’, le ‘mental’ est essentiel.  Cette vérité ne se limite pas aux champions sportifs.  C’est vrai pour tout professionnel qui veut développer son potentiel.

Ce que l’on appelle communément ‘le mental’ recouvre essentiellement les croyances, les attitudes, les émotions, la maîtrise de soi…  En résumé, il s’agit de ce que ce beaucoup appellent aussi ‘la psychologie’ ou encore, le savoir-être (bien que ce dernier concept recouvre d’autres nuances que je n’aborderai pas dans cet article).

C’est ici que le métier de coach se déploie dans toute sa spécificité car il s’agit d’accompagner une personne à atteindre ses objectifs en développant son savoir-être c’est-à-dire en changeant ou en élargissant ses façons de voir et ses comportements.  Le coach est un professionnel de l’« accompagnement au changement », un « agent de changement ».

Changer, c’est quitter le connu pour l’inconnu avec tout ce que cela représente comme inconfort, éventuellement matériel mais surtout psychologique.  Le coach doit donc avoir des connaissances de psychologie, maîtriser les processus relationnels et le processus de changement.  En plus, il doit avoir développé son propre savoir-être et son sens de la déontologie.  Ce sont ces compétences qui sont enseignées dans les écoles de coaching et qui sont sanctionnées par les certificats délivrés par les organismes de coaching professionnel comme l’ICF (International Coach Federation) ou l’EMCC (European Mentoring and Coaching Council).

C’est ce rôle d’agent de changement et les compétences associées qui différencient le coach du formateur, du conseiller ou du mentor.  Ce qui ne veut pas dire qu’un coach ne joue pas aussi le rôle de formateur, de conseiller ou de mentor à certains moments de son intervention ; et que le formateur, conseiller ou mentor ne peut pas disposer et faire usage de certaines compétences de coach.  D’où toute la confusion.

La nuance se situe dans le focus de l’intervention et par extension dans les compétences de l’intervenant.

Le formateur et l’entraîneur visent plutôt le transfert d’un savoir ou d’un savoir-faire.

Le conseiller ou consultant a en général une position d’expert dans le domaine spécifique qui préoccupe le client et il se concentre sur l’application (par opposition au transfert) de son savoir et savoir-faire pour élaborer une solution.

Le mentor quant à lui est déjà plus proche du coach.  Certains utilisent d’ailleurs les deux termes indifféremment et cette confusion est encouragée par ceux, parmi les francophones, que l’origine anglo-saxonne du mot ‘coaching’ dérange.  En général, le mentor est un aîné doté d’une certaine sagesse qui transmet son expérience d’un domaine spécifique, généralement à un plus jeune.  J’y vois plus un guide qu’un accompagnateur au changement.

Venons-en enfin au psychothérapeute.  Coaches et psychothérapeutes accompagnent le changement et partagent un certain nombre de compétences et d’outils.  Le coaching n’est pourtant pas de la psychothérapie même si ici la frontière est parfois encore plus ténue que pour les autres rôles mentionnés.  On parle plus volontiers de psychothérapie lorsqu’il s’agit de soulager la personne d’une souffrance psychique alors que le coaching vise plus au développement d’une compétence ou à l‘atteinte d’un objectif.  Le coaching se cantonne donc plus dans l’ici et maintenant alors que la psychothérapie peut s’intéresser plus particulièrement au passé.  Notez cependant qu’avec les courants plus modernes de psychothérapie comme la psychologie énergétique ou la psychologie positive, cette différence s’atténue.

Conclusion

Le coaching est un métier complexe qui partage certaines facettes avec le conseil, le mentorat, la formation et la psychothérapie.  Ceci explique que les spécificités propres au coaching professionnel sont encore trop peu connues du grand public et des clients, et que le terme ‘coaching’ est par conséquent utilisé pour nommer des pratiques diverses et variées.  Cette situation évolue progressivement et en attendant, il faut s’accommoder du flou qui règne sur le marché.

Au-delà du vocable utilisé, ce qui importe c’est que le client soit vigilant dans son choix et puisse trouver le praticien ayant les compétences et l’approche adéquates pour l’aider efficacement à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé.

 Dans un article suivant je vous proposerai d’approfondir les spécificités du coaching professionnel.

Categories: Coaching
Tags:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *